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INTERVIEW : Adamas Koudou, un coach entrepreneur au service de l’égalité genre, initiateur de Nyonufia JFL

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Le Togo, depuis 7 ans, vit chaque année, un évènement devenu incontournable. Il s’agit du Sommet National du Leadership Féminin (SNLF), un rendez-vous des acteurs de promotion de la femme et de ceux qui sont engagés pour l’atteinte de l’égalité genre. Ce projet est porté par un homme : Adamas Koudou, très connu en entrepreneuriat grâce à “Natuthé Kinkeliba”, une entreprise de fabrication et de distribution de boissons chaudes à base de Kinkéliba. Dynamique, créatif et ambitieux, il initie un programme de promotion des femmes, de coaching et d’accompagnement et leadership des jeunes filles. Dans cet entretien, il lève le voile sur sa personnalité et son engagement pour l’égalité des genres.

Qui est Adamas Koudou ?

Féministe ? Non. Ni dans le passé, ni dans le présent, ni dans le futur. J’estime que le féminisme est une erreur stratégique, par essence. Je pourrai m’expliquer mieux dans une autre interview consacrée uniquement à cela, si vous tenez à en savoir plus. Mon engagement pour l’égalité des genres, y compris la propulsion de la participation des femmes à la gouvernance de la cité s’inscrit dans une logique de développement du potentiel humain.

Même si nous semblons être sur le même front, nos motivations et convictions peuvent être (et sont) différentes. Retenons ceci : Adamas Koudou n’est pas un féministe.

Coach ? Oui. Je pratique le métier depuis 2010 directement ou indirectement, j’ai des certificats et diplômes d’ici et d’ailleurs de Coach Professionnel, je me nourris au moins à 25% du coaching. Dans le cadre de ma spécialisation, je suis en phase de recherche pour publier une thèse sur le coaching économique et stratégique en 2024. Je suis Coach, ça me plait, je veux être Coach, je me vois meilleur dans le coaching éthique, je serai Coach reconnu et respecté.

Entrepreneur ? Oui. Un Coach est un entrepreneur, s’il preste et vit du coaching. Le coaching est une activité économique, en tant que prestation intellectuelle. J’y suis déjà à 25% au moins pour l’ensemble de mes revenus annuels. C’est un trop bon début. Toutefois, je ne vis pas que de ça. Le coaching m’a aidé à prendre d’autres initiatives qui m’ont donné plus de renommée et qui me nourrissent aussi, comme la production de thés (Natuthé), une activité qui peut bien évoluer encore dans les années à venir.

Consultant ? Oui. J’ai un Master en Marketing et Stratégie. Je fais de la consultation.

Exemple : je sais faire et je fais le diagnostic stratégique et la planification d’entreprise, la réalisation d’étude de faisabilité, le montage de Business plan/model, l’élaboration de plan Marketing, la conception de plan de formation et la mise en œuvre de mission de formation pour jeunes et adultes. Je suis Consultant et Formateur. En conclusion, je suis Entrepreneur, Consultant et Coach, selon le type de mission que j’ai la chance de mener et selon le commanditaire. C’est important d’avoir plus d’une casquette parfois. Mais à choisir un positionnement unique, je suis Coach. C’est mon cœur de métier : l’autopromotion. Ça me sonne bien, c’est durable et ça alimente tout le reste.

 

Quel est le lien entre votre profession de coaching et votre engagement pour la cause des jeunes filles et femmes togolaises ?

On fait du coaching très souvent sans toujours l’appeler ainsi. Beaucoup d’activités intègrent le coaching dans leur démarche, même si le tout n’est pas du coaching, mais aussi un peu de conseils , un peu de la formation, un peu de mentorat…

Mon engagement auprès des jeunes filles et femmes était d’abord parti d’un principe du Mentorat : la promotion du rôle modèle. Ce fut le thème du 2ème forum de discussion-genre animé le 21 septembre 2017 à l’ancien siège de INNOV’UP sous le thème « Le Rôle Modèle, approche éducative par excellence des jeunes filles ». Et c’est aussi le principe de base qui sous-tend le Sommet National du Leadership Féminin (SNLF). Il était question de démontrer en quoi les jeunes reproduisent plus ce qu’elles voient faire à leurs ainé-e-s que ce qu’on leur dit, et qu’il était nécessaire de commencer à révéler les modèles de réussites de tous secteurs (des modèles autrefois très cachés ou inaperçus), pour inspirer la génération jeune. Les jeunes femmes leaders sont un modèle pour les filles adolescentes, les femmes d’influence sont des modèles des jeunes femmes leaders, les ambassadeurs genre et développement sont les He for She et font montre de la masculinité positive pour inspirer les garçons et jeunes hommes.

De fil en aiguille, le programme s’est structuré avec plusieurs épices qui le rendent plus riche, plus attrayant, et prenant en compte les politiques et orientations gouvernementales en termes d’emploi, entrepreneuriat, cohésion sociale, vivre ensemble… et c’est cela notre vision finale : agir pour contribuer à créer « une Afrique où les jeunes et les femmes s’épanouissent pleinement, en s’assumant totalement, et s’appuyant principalement sur la mise en valeur de leurs propres potentiels ».

 

Comment est née l’initiative Nyonufia ?

« Le prix Jeune Femme Leader » de l’année est né avec le 1 er SNLF réalisé en 2013, un 25 Août, sous l’égide de la Ministre de Promotion de la Femme DAGBANZONVIDE, représentée ce 25 août par le Directeur de Cabinet, Monsieur Stanislas Biléba, actuel SG du MAPSFA, Aline Bamem NWUITCHA et Elisabeth LEKEZIM étaient reconnues JFL sur la base de leurs contributions à la mobilisation et l’organisation de ce 1 er numéro. Elles sont les pionnières de ce programme. Chapeau à vous, chères jeunes dames fortes.

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La marque Nyonufia est venue après, pour nous distinguer durablement sur le terrain. A travers le Programme Nyonufia JFL, il s’agit de donner l’opportunité aux JFLs élues lors des sommets annuels nationaux de leadership des femmes, d’exercer un super exercice de

Leadership devant leur permettre d’affiner leurs compétences de femmes leaders de demain, et promouvoir par la même occasion au sein de la communauté jeune, la femme modèle du

Togo, un modèle dont la jeunesse a aujourd’hui fortement besoin comme référence pour assumer demain de façon responsable, son devoir de citoyenne consciencieuse et épanouie.

Photo d’ensemble des JFL et ambassadeurs genre 2021

 

Quelle est la vision derrière ce projet ?

L’objectif général du programme est de former et préparer les jeunes femmes togolaises d’aujourd’hui à la prise de responsabilités de femmes leaders et modèles de demain. Il s’agit spécifiquement de mettre les Jeunes Femmes Leaders dans les conditions leur permettant de travailler sur les éléments de leadership suivants, constituant les piliers du programme :

Apprendre (cadre de formation pour les jeunes femmes intégrant le programme)

Initier (développer l’esprit d’initiative chez les jeunes femmes du programme)

Se réaliser (Coacher les JFLs à prendre leurs vies en mains et se battre pour accomplir leurs propres potentiels)Gouverner (Offrir aux JFLs un cadre d’expérimentation de l’exercice du pouvoir)

Le programme Nyonufia JFL fait partie du grand chapitre, l’Africa Girls Women Summit. La vision est de « Devenir le cadre idéal et référentiel d’évaluation des actions, de réflexion de haut niveau visant en permanence à explorer ce dont les femmes ont besoin pour d’abord prendre conscience, puis développer, nourrir, et soutenir leur leadership, afin de l’atteinte des ODD liés, sous l’égide des politiques nationales du Genre ».

Nous ne faisons rien de plus que ce que beaucoup font déjà sur le sujet. Nous participons à créer un cadre pouvant favoriser les synergies, le développement de compétences chez les acteurs existants, les réflexions pour permettre la remise en cause des approches en sorte que les acteurs se souviennent de tenir compte de notre identité africaine dans la construction de la société de nos rêves, sachant que le « copier-coller l’occident » sans réfléchir un peu par nous-mêmes est une catastrophe stratégique qui pourra être regrettable des décennies à venir.

 

8 ans après, quel bilan succinct faites-vous du programme JFL Nyonufia ?

De 2013 à 2021, sept (7) têtes couronnées, l’organisation s’étant étendue à toutes les régions économiques du Togo, avec aujourd’hui des Ambassadrices-région, en plus des dauphines :une large communauté bâtie et dirigée par les jeunes femmes leaders elles-mêmes. Quelqu’un a dit : pour réussir, il faut bâtir un réseau, et valoriser ses compétences au sein de ce réseau et ailleurs. C’est ce que nous amenons et soutenons les Nyonufia JFL à faire progressivement pour elles et pour les filles de la génération suivante. En décembre prochain à l’Hôtel 2 Février, Dame BATIYENKPENI, la JFL couronnée 2021 passera la couronne à une autre JFL qui sera élue. Les candidates en puissance sont actuellement en formation.

Aujourd’hui, vous êtes effacé dans ce projet, que savoir à propos ?

Le programme Nyonufia JFL est un système de gouvernance qui lui est propre. On retient les 3 organes clés que sont (1) Le Comité Directeur, (2) La Coordination du Programme et (3) Le conseil Honorifique composé des têtes couronnées de depuis 2013 et ayant un Rôle de supervision et d’orientation des activités des nouvelles JFLs. Il faut disparaitre pour que le programme soit totalement acquis par les propres bénéficiaires, et nous aurons réussi notre mission. Ce n’est pas automatique dans la pratique, mais je dis félicitations aux JFLs, parce que malgré les ressources limitées et parfois le manque d’expérience à l’’entrée, elles arrivent à donner le meilleur d’elles-mêmes. C’est aussi ça le coaching.

Merci aux femmes d’influence reconnues qui jouent leur partition dans ce sens. Merci à vous  !

 

 

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