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Interview : « les jeunes filles ont besoin d’avoir plus de modèles, des femmes du domaine qui en ont fait carrière» Gina Adekambi

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Elle est l’une des rares femmes, présidentes de fédérations sportives au Togo. Gina Adekambi, élue en décembre 2021, est la seconde femme à accéder à la tête de la Fédération Togolaise de Basketball. Gina Adekambi, est l’exemple de l’affirmation des femmes dans le sport. L’ancienne capitaine de l’équipe nationale de basket, dans cette interview exclusive à notre rédaction, revient sur son amour pour le ballon orange, ses ambitions pour la FTB mais aussi sur les valeurs à développer grâce au sport. Bonne lecture !

 

AfrikElles : Bonjour Madame la Présidente.

 

Présidente FTB : Bonjour AfrikElles .

 

AfrikElles : Comment êtes-vous venue au basketball ?

Présidente FTB : J’étais passée par beaucoup de sport, ma famille étant sportive surtout mon feu père qui était mon modèle. Du tennis au foot passant par le volleyball, handball, la natation…, le sport a toujours été une passion pour moi. J’aimais explorer ses diverses catégories jusqu’au jour où mon grand frère m’a entrainé dans son monde, ce monde magique du basketball. Aussitôt que je l’ai essayé, j’ai su que je pouvais m’y poser. Et ce depuis le lycée, j’ai embrassé le ballon orange. J’aimais ce sport et je ne voyais aucune limite ni aucun frein, j’avais juste envie de briser les préjugés, de prendre le risque et de me faire démarquer. Il m’a rapidement captivée et j’y suis restée. Des petits matchs entre clubs au championnat interscolaire et ensuite national, me voici aujourd’hui à la tête de la fédération de mon ballon orange.

 

AfrikElles : Qu’est-ce que ce sport vous a permis d’avoir en termes de compétences ?

 

Présidente FTB : L’endurance, la persévérance, l’esprit d’équipe, tels sont principalement ce que je veux notifier. J’ai bien envie de parler également de leadership, étant jeune joueuse, dévouée et passionnée, ce sport m’a tellement forgé en terme de leadership et cela m’a valu le titre de capitaine du club CBS et par la suite capitaine de l’équipe nationale. En plus de cela, je peux ajouter le sens de l’auto-organisation et la confiance en soi.

 

AfrikElles : Aujourd’hui, vous êtes à la tête de la fédération de basket-ball au Togo, qu’est ce qui a motivé votre candidature ?

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Présidente FTB : La redevabilité, redevabilité envers ce ballon orange qui m’a forgé étant jeune. Mes ambitions pour ce sport ont tellement pris le dessus, que j’ai fini par déposer ma candidature. De la manière dont ce sport m’a forgée, je souhaite qu’il en soit ainsi pour les jeunes filles. Egalement je souhaite remonter la pente du basketball qui perd depuis quelques années sa valeur.

 

AfrikElles : Quels sont les projets phares que vous avez à la tête de cette fédération ?

Présidente FTB : Ouf ! Si je me mettais à les décortiquer, on n’en finira pas. Mais disons que je le résume en dix points :
• Regrouper tous les acteurs du basketball togolais autour d’une vision partagée,
• Restructurer les clubs et les ligues et moderniser leur administration,
• Instaurer la transparence et la gestion participative des clubs membres,
• Reconstruire le basketball autour des principes de bonne gouvernance,
• Instaurer un système d’information solide et améliorer l’image de la fédération pour la rendre attractive,
• Instaurer la culture de l’excellence dans toutes les rouages de la fédération,
• Instaurer un vaste programme de restructuration et de développement des clubs et ligues,
• Développer le basketball à la base et renforcer la compétitivité avec un renforcement de capacités des coachs,
• Renforcer les infrastructures,
• Développer des partenariats et impliquer la diaspora.

 

Crédit Photo: Page Facebook de la Présidente

 

AfrikElles : Que peut-on faire aujourd’hui, selon vous, pour permettre aux jeunes filles de non seulement s’intéresser aux disciplines sportives mais aussi et surtout d’en faire carrière ?

Présidente FTB : Pour arriver à cela , le basketball doit pouvoir être perçu par ces jeunes filles comme un sport de qualité et d’importance. Ensuite, on doit pouvoir leur assurer un cadre de formation propice alliant sport et études. Parce que, même si certaines jeunes filles auraient l’amour de la chose, elles se verront confronter à être partagée entre études et sport alors qu’un cadre jumelant les 2 automatiquement serait parfait. En plus , les jeunes filles ont besoin d’avoir plus de modèles, des femmes du domaine qui en ont fait carrière qui puissent les motiver.
Parlant d’une façon plus générale, nous devons faire comprendre aux jeunes filles et les amener à réaliser que le sport, bien étant un nom masculin n’est pas réservé qu’au genre masculin. Mettre en place des infrastructures et adopter des politiques d’accompagnement s’avèrent tout autant important.

AfrikElles : Merci Madame la Présidente et bon mandat à vous !

 

Présidente FTB : Merci à vous et poings levés pour toutes les filles et femmes.

 

 

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